La Rose dans l'antiquité
De roos in de oudheid

 

 

• De rosis nascentibus •
 

Extraits du livre de Charles Joret, La Rose dans l'antiquité et au Moyen-Age  (1892)

 

pp 31-34

 

... Mais la culture de la rose ne resta pas longtemps renfermée dans les limites de l'Asie Mineure ou de l'Hellade ; les colons grecs la transportèrent avec eux dans les établissements qu'ils formèrent loin de la mère patrie. C'est ainsi que la rose pénétra tour à tour en Sicile, où le poète Bion en racontera la naissance fabuleuse, et où Ovide nous montre Perséphone la cueillant, quand elle fut enlevée par Pluton; dans l'Italie méridionale, enfin dans la Cyrénaïque, où elle s'acclimata rapidement et produisit une variété recherchée pour son exquis parfum

« Cyrenis odoratissima est », dit Pline (Hist. natur., lib.XXI, cap. 10(4), 5)

C'est peut-être de cette dernière contrée, que la rose, si elle n'y fut pas directement importée d'Orient, fut transplantée en Egypte; inconnue dans ce pays, nous l'avons vu, à l'époque des Pharaons, on l'y trouve cultivée sous les Ptolémées ; la région d'Arsinoé devint célèbre par les roses qu'elle produisait. On la rencontre aussi maintenant en Syrie, où elle était inconnue avant l'invasion babylonienne, et elle va prendre place dans la littérature juive, qui l'avait ignorée jusque-là. C'est au moment où la rose apparaît ainsi dans toutes les provinces de la Grèce ou de l'Orient hellénisé que Théophraste a, le premier, fait connaître la culture de cette fleur charmante. […]

Portée par les colons grecs dans leurs établissements de l'Italie méridionale, la culture de la rose y devint florissante ; Lycophron parle des roses de Locres; celles de Pestum ont été célèbres dans l'antiquité ; elles fleurissaient, dit-on, deux fois l'an.

« biferique rosaria Paesti » Virgile, Géorgie, lib. IV, v. 119.

« nec bifero cessuro rosaria Paesto. »  Martial, Epigr. lib. XII, 31, v. 3.

Ovide, qui en parle aussi, se borne à les mentionner sans leur attribuer ce privilège.

« tepidique rosaria Paesti. »  Metam. lib. XV, v. 708.

 

 

 

De la Grande Grèce, sous le nom de rosa, dérivé de ρόδον  (rhódon) le rosier pénétra dans la Campanie (around Naples) et le Latium (around Rome): sa culture prit surtout une grande extension dans la première de ces provinces, qui rivalisa pour ses roses avec l'Egypte.

« Ab ea (Aegypto) Campania est, copia rosae. » Pline, Hist.natur. lib. XIII, cap. 6.

 

Dans le Latium, Préneste eut de bonne heure des roses renommées et tardives ; dans une pièce de vers connue, Martial parle aussi de celles de Tibur (Tivoli) et de Tusculum (. Plus tard les roses de Milan aussi furent célèbres, comme l'étaient dès longtemps celles de Malte. Poursuivant sa marche vers l’Occident, la rose pénétra à son tour en Espagne, où Carthagène fut renommée pour l'espèce qu'on y cultivait, en Gaule, où Ausone la chantera, dans la Grande Bretagne même.

 

p 55 – 59

 Compagne du printemps, la rose figure dans toutes les descriptions que les poètes anciens ont fait de la saison des fleurs. Vois comme à l'approche du printemps, s'écrie le pseudo-Anacréon, les Grâces se couvrent de roses !

           

 

[…]

Et trois siècles plus tard, le poète Pancrate célébrera encore la rose comme la fleur qui s'épanouit au souffle des zéphyrs printaniers. Son charme, son doux parfum avaient aussi fait de la rose la reine des fleurs ; son éclat, en effet, comme dit le poète Rhianos, ne les efface-t-il pas toutes ?

 

Elle devint aussi le symbole et l'emblème de la beauté. C'est ainsi que Claudien compare Marie, l'épouse d'Honorius, et sa mère à deux roses épanouies en même temps dans les jardins de Pestum.

 Ceu genuinae Paestana rosae per jugera regnant.

            De nuptiis Honorii et Mariae, v. 247.

Les poètes anciens sont revenus souvent sur cet attribut de la rose : mais ce qui les a peut-être encore frappés davantage, c'est la rapidité avec laquelle se fane et meurt cette fleur délicate, image trop fidèle de l'instabilité des choses de ce monde.

 

La rose ne fleurit que pendant peu de temps, dit l‘un d'eux dans l’Anthologie ; une fois passée, si tu la cherches, tu ne trouves qu'une épine. Ni l'amour ni les roses ne vivent longtemps, remarque à son tour Philostrate; le temps est l'ennemi de la beauté dans son été et de la durée des roses.

 

J'ai vu, chante Properce , les roses parfumées de Pestum, qui paraissaient devoir toujours durer, tomber brûlées dès le matin au souffle du Notus.

Vidi ergo odorati victura rosaria Paesti

Sub matutino cocta jacere Noto.

            Eleg., lib. V, 5, v. 61-62.

 

Un autre poète — on a cru que c'était Florus — après avoir montré le bouton de rose qui, sous l'influence féconde du printemps, apparaît un jour, s'allonge et se gonfle le lendemain, entr'ouvre son calice le troisième jour et s'épanouit au quatrième, termine sa brève description par cette réflexion attristée, « si on ne la cueille ce matin même, ce soir elle ne sera plus ».

Venerunt aliquando rosae pro veris amœni

Ingenium ! una dies ostendit spicula florum.

Altera pyramidas nodo maiore tumentes,

Tertia jam calathos ; totum lux quarta peregit

Floris opus, pereunt hodie, nisi mane legantur.

            Anth. latina, rec. Alex. Riese, vol. I, p. 101.

 

Heureuse, si je pouvais vivre pour un long-destin, fait dire un autre poète à la rose elle-même.R ose, elle a fleuri et s'est fanée aussitôt, lit-on également sur une inscription - qui fait songer aux vers si connus de Malherbe.

Felix, longo si possim vivere fato !

            Anth. latina, vol. I, p. 196.

Rosa simul floruit et statim periit.

            Corpus Inscr. Rhen. 1053.

Et rose, elle a vécu ce que vivent les roses, / L'espace d'un matin.

            Ode à Duperrier, XI, v. 15-16.

 

Cette vie si courte des roses a inspiré à Ausone, ce poète gracieux et affecté, l'une de ses plus belles idylles: au milieu de l'éloge de ces fleurs aimées, se rappelant la rapidité avec laquelle elles se fanent et meurent,

[Mirabar..] J'admirais, dit-il, les rapides ravages du temps dans sa fuite et ces roses que je voyais éclore tout ensemble et vieillir. Et voici que la chevelure empourprée de la fleur radieuse se détache au moment où je parle et la terre brille jonchée de sa rouge dépouille. Et toutes ces naissances, toutes ces transformations variées, un seul jour les produit, un seul jour les enlève... La durée d'un jour est la durée de la vie des roses ; pour elles la puberté touche à la vieillesse qui les tue. Celle que l'étoile du matin a vu naître, le soir, à son retour, elle la voit flétrie.

 La courte durée de la rose qui a fait donner à cette fleur une de ses épithètes les plus ordinaires chez les poètes latins — celle de brevis — en a fait aussi le symbole de la fragilité des choses de ce monde.

                  Nimium breves

Flores amœnae ferre jube rosae.

            Horace, Carm. lib. Il, 3, v. 13-14.

Aut imitata breves punica mala rosas.

            Martial, Epigr. lib. II, 44, v. 6.

 

Un même jour ne la voit-il pas s'épanouir, se faner et mourir, comme dit Ausone, nous rappelant que notre âge est passager comme elle, et nous engageant à cueillir sa fleur

 « pendant qu'elle est nouvelle et que nouvelle est notre jeunesse ».

 

 

III

 

p. 60

Ainsi que de la fragilité et de la beauté, la rose fut aussi l'emblème de l'innocence virginale et de la pudeur rougissante ; la grâce qui la pare, sa fraîcheur si délicate, son doux incarnat, la prédestinaient à ce nouveau rôle. Mais là on la rencontre avec une autre fleur, originaire du plateau de l'Iran, comme elle importée en Occident, et qui, comme elle aussi, a eu le rare privilège de fournir aux poètes les comparaisons les plus diverses : le lis blanc. Il est, coïncidence qui n'a rien de fortuit, fait mention pour la première fois de cette plante nouvelle avec la rose, dans l'hymne à Déméter.

..

61

Le contraste si doux offert par la couleur différente des deux fleurs frappa les Anciens ; ils virent dans la blancheur du lis limage du teint immaculé de la vierge, dans la rose celle de l’incarnat de ses joues ou de la rougeur provoquée sur son front par la pudeur émue on offensée. Virgile, voulant peindre l’ardente rougeur répandue sur le visage enflammé de Lavinie : Comme rougissent les blancs lis, mêlés aux roses, dit-il-, ainsi éclataient les feux sur le visage de la jeune fille. 

                         mixta rubent ubi lilia multa

            Alba rosis, tales virgo dabat ore colores.

                        Aeneidos lib. XII, v. 68-69.

 

Et Ovide, parlant de la honte qui couvrait les joues coupables de sa maîtresse :

            Tels, remarque-t-il, brillent les roses au milieu des lis qui les entourent. 

            Conscia purpureus venit in ore pudor.

            Quale rosae fulgent inter sua lilia mixtae

                        Amorum lib. II, eleg. V, v. 34-37.

 

 

p. 83

La rapidité avec laquelle passe la rose fournit en particulier aux poètes les plus charmantes comparaisons :

La rose est belle et le temps la flétrît

dit dans Théocrite un amant à l'amie qui le dédaigne et qu'il voudrait fléchir.


 

 

 


 

 

Nederlands

 

[fragment vertaling]

 

 

De roos komt uit Klein-Azië, Griekenland en krijgt via de Griekse koloniën in Zuid-Italië aldaar ook voet aan de grond.

 

Vandaar Sicilie

Cyrene (Libië), vooral beroemd vanwege de geur/parfum

aldus Plinius.

 

 

Zo komt het ook in Egypte onder de Ptolemeeën

Vandaar naar het Midden-Oosten, Syrië

en Babylon/Perzië.

 

Zo komt het ook in de Joodse literatuur terecht (de Latijnse vertaling 'Roos' vanuit het Hebreeuws in bijv. Hooglied en elders zijn foutief.)

 

 

In Pestum (Paestum) is het Italiaanse centrum van de rozenteelt.

De bloemen bloeien 2x per jaar, zegt men. Dit wordt betwijfeld. Vergilius zegt het en passant. anderen spreken enkel over de vruchtbaarheid, geurigheid, kortstondigheid, succesvolle kweek (voor parfum, rozenolie). Grammaticaal hoort biferi bij Paesti niet bij rosaria. Martialis is 'second hand' knowledge, literair afhankelijk. De 'legende' wellicht via het Vergiliuscommentaar van Servius (3e-4e eeuw): "Pestum oppidum est Calabriae: in quo uno anno bis nascunt rosae."

 

Zo via Campania en Latium, ook naar het Noorden.

 

 

 

 

 

 

En dan via Malta

naar Spanje

 

en eindelijk ook in Gallië, waar Ausonius er de lof van zingt (onder vergelijking met de rosaria van Paestum) en zelfs in Groot-Brittannië.

 

Het is de lentebloem bij de Grieken

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De schoonheid overtreft alle andere bloemen.

 

 

 

 

 

 

 

Tegelijk echter trekt in de oudheid vooral de kwetsbaarheid van de roos en de korte levensduur van de bloem de aandacht van de dichters.

 

De roos bloeit maar gedurende een zeer korte tijd. Eens voorbij, als je haar zoekt, vind je enkel nog een doorn.

Zo wordt het een beeld van de vluchtigheid van de liefde.

 

 

 

 

 

Propertius (1e eeuw v.C.) dicht over de rozen van Paestum, m.n. hun geurigheid en korte levenscyclus, één dag.

 

 

 

 

En Florus (?) schrijft de trieste verzen over de roos die door de lente aangemoedigd op een dag gaat bloeien. De volgende schiet ze door, de derde dag laat ze het hoofd al hangen en op dag vier is het gedaan:  Als je de roos niet plukt in de ochtend, dan zal ze er des avonds niet meer zijn.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De roos bloeit en verwelkt onmiddellijk, bijna tegelijk.

 

 

 

 

Dit korte leven inspireerde Ausonius, die elegante en gevoelige dichter, tot een van zijn mooiste idyllen.

 

[De hele tekst met vertaling kunt u hier lezen].

Ik bewonderde de ravage die de tijd zo schielijk aanricht en hoe de roos opbloeit en tegelijk veroudert..

 

 

De duur van een dag, zo is de duur van een roos. Voor haar raakt de puberteit aan de ouderdom die de doodsteek toebrengt. Die de morgenster heeft zien verschijnen, ziet diezelfde ster als ze s avonds wederkeert, verdwijnen.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dan pluk de roos als ze nog schoon is, want ook onze jeugd gaat even snel voorbij.

 

 

 

 

 

 

Net zoals de fragiliteit en schoonheid van de roos de ouden aansprak, zo ook de blozende pudeur en haar link met de maagdelijke onschuld.

Hierin echter is de roos overvleugeld door de lelie.

Au Moyen-Age

 

in de (christelijke) Middeleeuwen

p. 122


Tandis que la culture de la rose prenait en Occident une extension que la décadence et la destruction de l'Empire devaient seules arrêter, elle se développait aussi en Orient ; ce n'est plus seulement en Asie Mineure et en Mésopotamie qu'on en retrouve les traces incertaines, on la rencontre maintenant à la fois en Perse, en Syrie et en Egypte. Des légendes se forment autour de la rose dans ces divers pays ; elle y entre de plus en plus dans les usages de la vie et elle y devient un objet de luxe, comme dans la Grèce et l'Italie.

 

p. 152-153

Tandis que la culture de la rose était poussée si loin, dans les pays musulmans, que devint-elle, au moyen âge, chez les nations chrétiennes ? Fut-elle, comme on l'a supposé, inconnue, au moins de plusieurs d'entre elles, jusque vers la fin de cette époque ? Le fait est déjà invraisemblable à priori ; il est de plus en contradiction absolue avec le
témoignage formel des contemporains. Il est difficile de mettre en doute que les roses dont ont parlé, au v° siècle, l'Africain Dracontius et le Gaulois Avitus, au siècle suivant Ennodius en Italie, Grégoire de Tours et Fortunat en Gaule, ainsi que, au VIIe siècle, Isidore de Séville et même l'Anglo-saxon Aldhelm aient bien été la fleur qu'avaient connue
et chantée les anciens, et qui avait continué d'être cultivée d'une manière ininterrompue, quoique non générale peut-être, depuis les derniers temps de l'Empire romain...

 

155.

Du jardin des monastères la rose et le lis ne tardèrent pas à pénétrer dans celui des burgs et des châteaux des grands. Dans leur admiration pour la civilisation romaine, les rois mérovingiens ne pouvaient manquer d'en imiter le luxe ; celui des jardins ne leur fut pas étranger. Fortunat a chanté le jardin de la reine Ultrogothe, veuve de Childebert, "où l'air, dit-il est embaumé du parfum des roses du Paradis ».

Paradisiacas spargit odore rosas.
Carm. lib. VI. 6. De horto Ultrogothonis reginae, v. 2.

Charlemagne etc..

 

161. ... développer le goût des jardins. Chaque demeure seigneuriale et, bientôt, chaque habitation bourgeoise en possédèrent un, comme chaque monastère. C'est dans le « verger » féodal que se déroulent le plus souvent les scènes héroïques ou gracieuses décrites par les poètes. Les assemblées les plus graves s'y tenaient, comme les réunions les plus gaies et les plus joyeuses. Le jardin occupait dans la vie tout entière une place
trop grande pour que les écrivains du moyen âge n'aient point songé à 'le faire connaître. Albert le Grand n'y a pas manqué.

 

 

De roos verovert het Midden Oosten

 

 

 

 

 

 

krijgt het moeilijk in het Westen, maar

 

verdwijnt niet zoals wel eens beweerd is (bijv. door Schleidanus)

 

Le savant allemand a consacré un chapitre de son traité des végétaux à la « plantation du verger. » [ Lib. VII. tract. I, cap. 14, par. 119-125, « De plantatione viridariorum. »]

« Caespite macro subtilis graminis totus locus impleatur... et
conculcentur gramina a pedibus in terram, donec... vix aliquid
de ipsis possit considerari ; tunc enim paulatim erumpent capillariter et superficiem ad modum panni viridis operient. » 120.
« In caespite etiam contra viam solis plantandae sunt arbores
aut vites ducendae, ex quarum frondibus quasi protectus caespis
umbram habeat delectabilem et refrigerentem... piri et mali et mala
punica et lauri et cypressi et hujusmodi. « 122.


« Per quadratum aromaticae herbae, sicut ruta et salvia et
basilicon plantentur, et similiter omnis generis flores, sicut viola,
aquilea, lilium, rosa, gladiolus et his similia... Post caespitem sit magna herbarum medicinalium et aromaticarum diversitas, ut non tantummodo delectet ex odore secundum olfactum, sed et flores diversitate reficiant visum, et ipsa multimoda sui diversitate in admirationem trahant se aspicientes. » 123.

 « Inter quas herbas et caespitem in extremitate caespitis per
quadratum elevatior sit caespis florens et amoenus et quasi per
medium sedilium aptatus, cum quo reficiendi sunt sensus et homines
insideant ad delectabiliter quiescendum. » 121.
 

Tel était, d'après le célèbre dominicain, le verger ou jardin d'agrément du moyen âge. Qu'on le restreigne à l'espace planté d'herbes aromatiques et de fleurs, en y joignant quelques légumes, oignons, poireaux, ail, bettes, melons, concombres et autres, et l'on
aura le jardin d'un bourgeois du XIII-e siècle, comme celui de Jean de Garlande, comme l'était encore peu près, à la fin du siècle suivant, celui de l'auteur du Ménagier de Paris [1393] — lequel, outre les quelques fleurs déjà mentionnées, cultivait aussi la lavande
et la giroflée, plantes inconnues avant lui, mais qu'on trouve désormais dans tous les jardins.

 

Barthélémy, comme Albert le Grand, s'est d'abord attaché à distinguer la rose des jardins ou « domestique " de la rose sauvage ou champêtre.

 « Est autem rosa duplex, quia quaedam est domestica sive
hortensis et quaedam est syivestris. Differt autem rosa hortensis a
sylvestri in florum multitudine, in odore, in colore et in virtute. » « Folia sylvestrium sunt plana, lata, subalbida, pauco rubore admixta, minus odorifera et minus operantia in medicina. Folia autem hortensis rosae sunt multa mutuo cohaerentia et connexa, omnino rubra vel omnino albissima, mire redolentia, in sapore stiptica et quodam modo mordicantia et magnae efficaciae in me-
dicina."

 

De tuin volgens Albertus Magnus 

 

 

Il comprendra d'abord, dit-il, un gazon d'une herbe fine, soigneusement sarclé et foulé aux pieds, vrai tapis de verdure, dont rien ne doit dépasser l'uniforme surface.

 

A l'une de ses extrémités, du côté du midi, se dresseront des arbres : poiriers, pommiers, grenadiers, lauriers, cyprès et autres de ce genre, où s'enlaceront des vignes, dont le feuillage protégera en quelque sorte le gazon et fournira une ombre agréable et fraîche.

Derrière le gazon, on plantera en quantité des herbes aromatiques et médicinales, par exemple la rue, la sauge, le basilic, dont le parfum viendra réjouir l'odorat, puis des fleurs, telles que la violette, l'ancolie, le lis, la rose, l'iris et d'autres semblables, qui par leur diversité charment la vue et excitent l'admiration.

 

Enfin, à l'extrémité du gazon, dans l'espace réservé aux fleurs, Albert le Grand recommandait de relever le terrain de manière à y former un siège verdoyant et « fleuri », où l'on pourrait venir s'asseoir et se reposer doucement l'esprit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La rose des jardins, dit-il, diffère de la rose sauvage par son parfum, sa couleur, les vertus et le nombre de ses fleurs. » « Les pétales des roses sauvages, ajoutet-il ", sont planes, larges, d'une teinte blanchâtre mêlée d'un peu de rouge ; ils sont aussi moins odorants et moins efficaces en médecine. Les pétales de la rose des jardins, au contraire, sont nombreux, serrés et appliqués les uns contre les autres, entièrement rouges ou entièrement blancs, d'un parfum exquis, d'une saveur stiptique et quelque peu mordante et d'une grande efficacité en médecine. »

 

 

 

 

 

Au Moyen-Age

Dans la poésie de l'Orient: la Rose et le Rossignol:

 

p. 219-220

 

Les poètes de la Perse ne se sont pas bornés à chanter dans la rose la reine des fleurs, à en faire, comme leurs devanciers de la Grèce et de Rome, le symbole de la beauté et de la grâce, ils lui ont donné une vie réelle et ont placé à côté d'elle le rossignol comme son admirateur et son ami.


Cette fiction des amours du rossignol et de la rose, dit Joseph von Hammer (Geschichte der schönen Redekünste Persiens, p. 25) , est un des mythes les plus anciens et les plus gracieux de la poésie persane, un mythe aussi gracieux et aussi ancien que les bocages de roses de l'Iran, où, déjà avant Firdousi, le rossignol s'exprimait en pehlvi ou en zend. ...  Là où fleurissent les roses, gazouillent aussi les rossignols, sans cesser, sous les mille formes changeantes de leur chant harmonieux, de déclarer leur amour à la rose, tandis que celle-ci se réjouit, insoucieuse, de la vie, et ne prend pas garde à la plainte attristée du rossignol.

in het Oosten, m.n. in Perzie krijgt de roos een bewonderaar en trouwe metgezel: de nachtegaal.

   

Au Moyen-Age

ch. III La Rose dans les légendes chrétiennes

 

p. 231-2

La rose avait été trop intimement mêlée aux pratiques du paganisme, elle avait joué un rôle trop considérable dans ce que la vie des anciens avait de plus profane, pour n'avoir pas été tout d'abord suspecte au christianisme ; elle fut proscrite aussi par les premiers docteurs de l'Eglise. Tertullien, en blâmant l'emploi des couronnes (De Corona, ch. II)  condamnait par là même l'usage des roses ; Clément d'Alexandrie proscrivait également l'emploi des couronnes de fleurs, en particulier de roses et de lis, ainsi que l'usage des
parfums. Prudence se vante de ne se servir, dans ses repas, ni de roses, ni d'aromates,

Hic mihi nulla rosae spolia,
Nullus aromate fragrat odor.
Cathemerinon. Hymnus ante cibum v. 21-22.

et il félicite sainte Eulalie d'avoir toujours dédaigné et méprisé les couronnes de roses, aussi bien que les ornements d'ambre et les colliers d'or.

Spernere succina, flere rosas,
Fulva monilia respuere.

Mais cette opposition prit fin avec le spectacle des excès auxquels la rose avait été associée. Merveille du règne végétal, cette fleur devait bientôt, avec toutes les autres, prendre place dans le culte qu'on rendait au Créateur et aux saints ; les poètes de la religion nouvelle la chantèrent comme l'avaient fait autrefois ceux du paganisme ; le mysticisme chrétien lui attribua une signification symbolique et elle en devint un des emblèmes les plus chers.

 

 

 

 

Na een negatieve start (wegens heidense associaties) komt de roos met kracht terug en krijgt via het christelijke mysticisme een enorme rijke symbolische waarde

   

Au Moyen-Age

in de (christelijke) Middeleeuwen