LE DOSSIER DE PRESSE DU BESTIAIRE

[introduction by the editors of Que Vlo-Ve? [Série 1, No 28 avril 1981, pages 19-23] online as a word.doc - © DRESAT] : On comprend que, en raison du caractère luxueux de l'ouvrage et de son petit tirage, il n'y ait pas eu de service de presse, donc pratiquement pas de comptes rendus. Seuls, quelques amis et confrères ont signalé la publication du Bestiaire. Nous n'avons fait figurer ci-dessous ni la note d'Apollinaire sur les bois de Dufy publiée dans L'Intransigeant du 28 décembre 1910 (Chroniques d'art, p. 136) ni le texte du bulletin de souscription qu'il avait lui-même rédigé (ibid., p. 151-2).

Paris-Journal, 8 août 1910

Courrier littéraire

[…]

Les Devoirs de vacances

Guillaume Apollinaire. Corrige les dernières épreuves d'un Théâtre italien et attend les premières épreuves de L'Hérésiarque et Cie. Annonce, sous presse, des poèmes, Cortège d'Orphée; met au point d'autres poésies: Eau-de-vie; termine un livre sur Cézanne et, en collaboration, un essai sur Les Tendances nouvelles dans l'Art contemporain. Pour se délasser, travaille « à loisir » à un roman d'origine révélée.

A.-F. [Alain-Fournier]


L'Intransigeant, 3 février 1911

La Boîte aux lettres

[...]

Guillaume Apollinaire a dédié à Élémir Bourges le Bestiaire ou Cortège d'Orphée qui paraîtra prochainement avec des bois de Raoul Dufy.

[...]

Les Treize

[19]


Paris-Coulisses, 26 février 1911

En souscription paraîtra le 15 mars :

Guillaume Apollinaire: Le Bestiaire ou le Cortège d'Orphée, illustré de gravures sur bois par Raoul Dufy. Il sera tiré: 29 exemplaires sur Japon à 125 francs, 91 sur vélin de Hollande Van Gelder à 100 francs, imprimés sur presse à bras de la maison Gauthier-Villars. Titre en deux couleurs. Couverture en parchemin.

Les planches rayées seront visibles chez l'éditeur Deplanche, 18, rue de la Chaussée-d'Antin.


Paris-Midi, 6 mars 1911

Gazette des lettres

[...]

...et nous avons vu, l'autre jour chez Guillaume Apollinaire, les épreuves du Bestiaire ou Cortège d'Orphée dont les poèmes et les gravures, d'une harmonie parfaite, forment un curieux ouvrage.

[...]

Jean de l'Escritoire [André Billy]


Paris-Midi, 7 avril 1911

Gazette des lettres

Le Bestiaire ou Cortège d'Orphée par Guillaume Apollinaire, paraît demain en une édition qui n'est pas précisément populaire. Les gravures sur bois de Dufy sont d'une frappante beauté, avec quelque chose de barbare, de capricieux et de réfléchi, et le sentiment le plus moderne en même temps le plus traditionnel, de la décoration linéaire. Quant aux vers d'Apollinaire, ils sont chargés de sens et de subtilités. En voici quelques-uns:

Le Chat
[...]

Le Dromadaire
[...]

Bravo, Guillaume Apollinaire!

Jean de l'Escritoire [André Billy]

[20]


Comoedia, 8 avril 1911

Petites nouvelles des lettres et des arts

[...]

C'est aujourd'hui que paraît le Bestiaire ou Cortège d'Orphée, par Guillaume Apollinaire, en une très luxueuse édition illustrée par des gravures sur bois de Dufy d'une grande beauté.

[...]

André Warnod


Paris-Journal, 15 avril 1911

Courrier littéraire

[...]

Le Bestiaire mondain, ou Cortège d'Orphée, du poète Guillaume Apollinaire, vient enfin de paraître en édition de grand luxe. Le peintre Raoul Dufy, notre collaborateur, a exécuté pour cet ouvrage des bois remarquables, d'un art à la fois neuf et traditionnel, s'adaptant parfaitement à l'œuvre, éclatante et dépouillée, ingénue et savante.

[…]

A.-F. [Alain-Fournier]


Mercure de France, 1er juin 1911

Les Poèmes

[...]

Le Bestiaire ou le Cortège d'Orphée. M. Guillaume Apollinaire est un esprit étrangement subtil et inquiétant qui pénétra dans tous les domaines de la littérature, y compris celui que, dans les bibliothèques, on appelle l'Enfer; il a lu, avec une égale curiosité, l'Arétin, le Pimandre et Benoît de Spinosa; il s'intéresse, en ses nouvelles de L'Hérésiarque, aussi bien à des monstres théologiques qu'à Poppon Remacle Lehez dit Que vlo-ve? extraordinaire brute nomade, forniquant dans le sang et le vin répandu, près du cadavre de son ennemi mort; il sait comment les sorciers finnois enferment dans des boîtes les mouches ganniques de la neige et il peut converser de pair à compagnon avec le baron d'Ormesan, Amphion faux-messie. Il n'est pas surprenant qu'il se soit égayé à illustrer de courtes sentences qui excèdent rarement quatre vers les bois, d'une si puissante couleur, que M. Raoul Dufy composa pour le Bestiaire ou le Cortège d'Orphée; ainsi autrefois Joachim Camerarius enrichissait d'allégories latines les Emblèmes des bêtes multiples: tantôt l'humaniste narquois se gaussera de l'énorme serpent dressé entre Adam et Ève :

[21]

Tu t'acharnes sur la beauté
Et quelles femmes ont été
Victimes de ta cruauté!
Ève, Eurydice, Cléopâtre;
J'en connais encore trois ou quatre;

tantôt il se souviendra que les premiers chrétiens incapables d'inventer une image de leur dieu lui donnèrent l'apparence de l'antique Orphée; tantôt il commentera le cri tragique des Sirènes avec un lyrisme concis:

Sachè-je d'où provient, Sirènes, votre ennui,
Quand vous vous lamentez sur la mer dans la nuit?
Port, je suis comme toi, plein de voix machinées
Et mes vaisseaux chantants se nomment les années.

Malheureusement ce beau livre, tiré à très petit nombre, est par son prix inaccessible au commun des mortels qui devront attendre pour les lire que les poèmes de M. Guillaume Apollinaire soient publiés dans une édition courante.

[...]

Pierre Quillard


... , 14 juillet 1911

La Vie qui passe

Cortège d'Orphée

[…]

Un livre, illustré de fort belles planches sur bois, par M. Raoul Dufy: le Bestiaire ou Cortège d'Orphée, suite de gravures représentant non seulement les bêtes de l'arche, mais les poissons de la mer et des étangs, est un prélude heureux aux rêveries de vacances, orchestrées par le bourdonnement des insectes et accompagnées de ces cortèges cachés qui gravitent dans l'herbe des prairies... M. Guillaume Apollinaire, au style original et travaillé, disciple d'Élémir Bourges et de Huysmans, a écrit sous chaque image de M. Dufy un quatrain, quelques vers naïvement offerts et qui expriment le plus souvent cette tendresse qui s'empare des hommes lorsqu'ils veulent peindre la vie des bêtes, - mais qu'ils perdent, hélas, presque tous aussitôt, dès qu'ils retournent à leurs contemporains!

Albert Flament

[22]


Littérature, no 2, avril 1919

Livres choisis

[…]

Guillaume Apollinaire: Le Bestiaire ou Cortège d'Orphée.

Les fruits à la saveur de sable
Les oiseaux qui n'ont pas de nom
Les chevaux peints comme un pennon
Et l'Amour nu mais incassable

Soumis à l'unique canon
De cet esprit changeant qui sable
Aux quinquets d'un temps haïssable
Le Champagne clair du canon

Chantent deux mots panégyrique
Du beau ravisseur de secrets
Que répète l'écho lyrique

Sur la tombe Mille regrets
Où dort dans un tuf mercenaire
Mon sade Orphée Apollinaire

Louis Aragon


Anthologie Dada-Dada 4-5, 15 mai 1919

LES LIVRES

Vient de paraître:
Guillaume Apollinaire.
Le Bestiaire ou Cortège d'Orphée — illustré par Raoul Dufy — Édition de la Sirène (Réédition)

— Sourires — Guillaume Apollinaire lit assis et parle — Il n'est pas mort:

Incertitude, ô mes délices
Vous et moi nous nous en allons
Comme s'en vont les écrevisses
À reculons, à reculons

Divertissement du poète
Nos délices

Ph. Soupault

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